• Au célibataire, retour des champs, par Bruno Normand

    (…) une plaquette des Editions le phare du cousseix, Au célibataire, retour des champs de Jacques Josse. En treize tableaux, l’art de restituer là l’atmosphère d’un bistrot, là le ciel et la boue, les boues d’un hameau, là la pluie, l’ennui qui vous apprend à lire de l’écorce au cœur / et les arbres et les souches et les lieux et les événements, les êtres en train de se vivre, de se survivre. Ces poèmes sont datés de novembre 2013 à mars 2014, Jacques Josse tout un hiver converse avec l’invisible, avec cet endroit qui un jour lui a offert toit et repère, avec ces gens des Côtes du Nord. Publication après publication ce qu’il nous livre patiemment, ce sont ces « Gens de Dublin » à lui. Dans la distance, il écrit pour eux, ces gens qui parfois frôlent la mort, qui parfois la trouvent, la vivent.

    novembre, décembre, / debout sur le pas de la porte, / scrute le ciel bas, tire sur la laisse du passé, / entend rire ses morts / (ils sont dans le ruisseau d’à côté / et descendent à la rivière), / regarde le rideau des pluies / qui dilue la clarté / et ramène l’horizon / à hauteur des talus / (22.12.2013)

    Il aime ces gens simples, les entoure de mots. Car si pour un capitaine, il en est plusieurs qui ne le sont point, et pour un conteur, dix ne le sont pas, ils se consument, se taisant, se taisant comme s’il s’agissait d’un savoir, d’une culture qu’on se transmet sans bruit, (être d’ici) s’aventurer à vivre, à durer. Ne les dérangeons pas trop. Jacques Josse avec pudeur parle pour eux, nous parle des siens, de son contour, de paysans, de marins. Les inconditionnels, si ce n’est pas déjà fait, commanderont Liscorno, son précédent livre paru aux Editions Apogée. 2014) ainsi que le numéro (6) spécial de la revue La Fabrique des icebergs / 52, rue Adrien Lesesne 93400 St Ouen / qui lui est consacré.
    Qui mieux que lui, portant avec humilité des valeurs telles que la fidélité, l’amitié, l’élégance, des valeurs qu’on aurait perdues selon certains, pour conjurer cette période chahutée, nos idéaux malmenés ?

    Bruno Normand

    Sur le site de "Terre à Ciel poésie d’aujourd’hui"